Il suffit d’ouvrir n’importe quel magazine sur le management pour être immédiatement assailli de nouveaux termes ou de nouvelles modes. Management agile, leader designer, holacratie… et bien d’autres expressions témoignent de cette vitalité du monde du management dans la production de nouveaux concepts. Pourquoi de nouveaux termes émergent-ils constamment ? Des chercheurs se sont intéressés à cette question et y ont apporté une réponse originale.

Les origines de ce renouveau perpétuel

Des études ont mis en avant ce phénomène de renouveau perpétuel des modes managériaux depuis le début des années 1990. C’est le cas par exemple d’Eric Abrahamson, professeur à la Columbia University, qui a montré qu’il existait un cycle de vie des idées en management. Bref des modes. Mais pourquoi cette volonté de changer constamment les habitudes managériales en milieu professionnel ? En réalité, si les modes en management évoluent autant, ce n’est tout simplement parce qu’il existe des entités pour lesquelles il est fondamental que les modèles changent : les mass-médias spécialisés dans le management, les business schools, les gourous du management ou encore les consultants. En effet, pour ces acteurs du marché managérial, il est primordial de démontrer à leur client leur capacité d’innovation en trouvant en permanence de nouvelles solutions aux problèmes émergents, quitte à inventer de nouveaux problèmes. Ce phénomène se renforce ces dernières années avec l’apparition du Lean-management en France. En effet, les pratiques et concepts managériaux évoluent sur un marché à forte concurrence, ils émergent, vivent et meurent en fonction de l’intérêt qu’ils suscitent auprès du public des managers qui constitue leur clientèle. C’est ainsi que nous pouvons observer, par exemple, le retour des « cercles de qualité », mouvement managérial très en vogue dans les années 60-70 aux USA et qui a disparu des magazines à la fin des années 1980, sur le marché managérial.

De quoi est composé un bon mouvement managérial ?

Le succès de l’acceptation d’un modèle managérial par rapport à un autre répond à quelques critères simples.

D’abord le contexte idéologique et culturel dominant. En fonction de ce contexte « idéologique », certaines idées seront plus ou moins acceptées. Le management anarchique vous semble une idée saugrenue ? Il est possible que par votre formation et votre environnement culturel, ce type de pratique vous semble inenvisageable. Et pourtant, dans un autre contexte… Rappelons-nous des débuts de Google. Dans les années 2000, le milieu universitaire était très dominant dans le modèle Google. Il fallait même être détenteur au minimum d’un doctorat pour être recruté. A cette époque, chaque salarié avait ses propres objectifs et projets de manière totalement décentralisée. Et cela leur a valu le succès qu’on leur connait aujourd’hui. Les idées et les pratiques managériales nouvelles constituent des phénomènes culturels en tant que tel et entrent en résonnance avec la rationalité de l’époque. Un bon modèle managérial est avant tout un modèle qui rentre en adéquation avec les problématiques et les besoins d’une époque.

Un deuxième facteur est important pour assurer le succès de son modèle managérial : le réseau de l’inventeur. En effet, un bon mode managérial est un mode managérial crédibilisé et validé par l’expertise de ses pairs. Cela permet aux clients de mieux percevoir ce modèle comme un modèle innovant et donc de susciter une adhésion et un intérêt beaucoup plus important. C’est la théorie du virus managérial qui fait notamment le succès des méthodes des GAFAM (ndlr Google/Apple/Facebook/Amazone/Microsoft).

Comment réagir face à l’évolution des modes managériaux ?

L’évolution des modèles managériaux est certes une conséquence importante de l’évolution du marché mais il ne faut pas tomber dans le piège de tous les remettre en cause pour autant.

Notre seul conseil est le suivant : Réfléchissez par vous-même !!!! Le principal avantage de cette multiplication des modèles managériaux est justement la quantité importante de méthodes qu’il existe. Deux choix s’offrent aux managers dès lors. Le premier est de suivre aveuglément ce qui est vendu comme LA recette magique du management. A partir du moment où chaque organismes de formation prône la détenir, on imagine aisément qu’il n’en est rien. Le deuxième choix consiste à former les managers sur les différents modèles et méthodes existants pour ensuite qu’ils puissent les adapter aux situations professionnelles auxquelles ils sont confrontés. Si vous faites partie de la deuxième catégorie, contactez-nous ou consultez nos offres ici.